Les débuts difficiles de l’immigration asiatique à Vancouver (partie 2)

Immigration chinoise

Dans l’article précédent (visite du Vancouver Museum), j’ai insisté sur l’apport historique des premières Nations à la formation de l’identité canadienne.

Avant d’aborder l’arrivée « chaotique » des Asiatiques, il faut que je vous décrive le Grand Incendie du 13 Juin 1886. Cet incendie a ravagé la ville de Vancouver (le terme de village est plus approprié) en l’espace de 45 minutes. Les habitants qui coupaient les arbres avaient aussi l’habitude de pratiquer les « feux contrôlés » sur les broussailles tombés sur le sol.

Cette pratique des « feux contrôlés » sur ces tas de broussailles a finalement mal tourné. La chaleur et un vent inhabituel ont facilement attisé les feux.

Fort heureusement très peu de victimes ont été à déplorer, grâce à la proximité de points d’eau et de la mer.

Cette partie historique de Vancouver (Gastown) a été reconstruite très rapidement.

Gastown (lieu  historique) reconstruit 1 mois après le Grand Incendie de 1886

Gastown (lieu historique) reconstruit 1 mois après le Grand Incendie de 1886

La construction d’une gare ferroviaire (Waterfront)  marquera également le début de l’immigration massive des immigrants à Vancouver (européens comme asiatiques).

Déjà à cette époque, il y avait beaucoup d’intérêts à venir s’installer à Vancouver : climat doux, beauté du cadre, proximité de l’océan et des montagnes. Les immigrants se plaignaient de la cherté de la vie à Vancouver ;-)).

Vancouver est connue pour être l’une des plus grandes métropoles asiatiques d’Amérique du Nord.  Vancouver était la porte d’entrée naturelle des Chinois vers le Canada

Les premiers immigrants chinois arrivèrent dès 1858 à Vancouver avec la ruée vers l’or dans un premier temps (rumeur de découverte d’or sur la rivière du Fraser), et la construction du chemin de fer par la suite.

Malheureusement pour les Chinois,  les autorités de la province de Colombie-Britannique ont mis en oeuvre des dispositifs discriminatoires pour décourager les Chinois  de s’installer au Canada en famille. De plus en plus de métiers leurs sont aussi refusés.

Des droits spéciaux d’entrées portés à 500 $ sont exigés à tout nouvel immigrant Chinois.

De la même façon, les Indiens sikhs viennent en nombre suffisamment élevés pour subir dès 1904 des mesures discriminatoires similaires aux Chinois.

Le gouvernement provincial exige que les Indiens arrivent de manière direct au Canada, ce qui n’est techniquement pas possible, surtout à l’époque, où ils devaient passer par Hong Kong.  En 1914, près de 400 Sikhs arrivèrent en bateau au large de la Colombie-Britannique, dans l’espoir d’une vie meilleure.

Malheureusement pour eux, les autorités leur refusèrent le débarquement, et seuls 24 personnes furent autorisés  à débarquer. Les autres passagers, après 2 mois d’attente (sans aucune aide à bord), ont refait le retour en Inde.

En 1907, des ligues anti-asiatiques (15 000 hommes européens) se formèrent pour casser les vitrines des commerces asiatiques

Après 1941, les Japonais Canadiens sont chassés vers des camps spéciaux.

Après 1941, les Japonais Canadiens sont chassés vers des camps spéciaux.

Les Japonais au début du 20ème siècle à Vancouver constituèrent également une très importante communauté à Vancouver. Il y avait un quartier surnommé Little Japan, qui a finalement disparu suite à une véritable chasse anti-japonaise des autorités canadiennes, effrayées allors par l’attaque de Pearl Harbour en 1941. Les Canadiens Japonais ont été amalgamés à l’Etat totalitaire japonais.

Malgré tous ces tourments historiques, Vancouver reste aujourd’hui profondément imprégné d’ Asie, tant économiquement, culturellement et gastronomiquement parlant.

Les Asiatiques sont aujourd’hui vues comme une communauté économiquement très dominante à Vancouver mais cela n’a pas été le cas au début, où tout a été mis en oeuvre pour les isoler.

Le Vancouver Museum est un lieu à visiter, et à fait preuve de pédagogie et de transparence pour raconter cette partie historique mal connue.

 

 

 

  1. L’histoire se répète quelque soit les régions du monde. Comme pour mon île, les indiens et les chinois (je vulgarise les termes, en fait il y avait plusieurs ethnies) ont eu beaucoup de mal à s’intégrer, mais au final, à notre époque ils occupent toutes les sphères de l’économie et joue un rôle primordiale dans le développement de notre région, car ils sont les ambassadeurs direct de ces deux grandes puissances que sont devenues l’Inde et la Chine. On peut dire qu’ils sont la preuve que la persévérance fini toujours par payer.