Peut-on parler français en Colombie-Britannique ?

Le français en CB

 

 

 

Le Canada a 2 langues officielles : l’anglais et le français. C’est gravé et marqué dans la constitution. Ce bilinguisme officiel distingue le pays de son grand frère du Sud, les Etats-Unis.

La Colombie Britannique porte bien son nom, c’est l’anglais qui est la langue la plus importante à maîtriser, et cela dans tous les aspects de la vie.

En théorie selon la constitution, si vous vous rendez dans des organisations de type « service public » (santé, poste, télécom, aéroport, mairie, service du gouvernement etc…), et également banque ou hôpital, vous êtes en droit d’exiger un service en français, si vous ne parlez pas l’anglais ou par choix de confort.

Vous êtes même, en théorie, en droit de porter plainte si cette organisation de service public ne peut pas vous proposer de services en français.

Comme toujours, entre théorie et la réalité, il y a un gouffre.

Quelques situations particulières sont intéressantes à relever.

Lorsqu’on arrive à l’aéroport comme nouvel immigrant, la 1ère question posée par l’officier d’immigration, pour valider le visa de résident permanent, est de savoir si l’on désire faire l’entretien en français.

Cet officier précise néanmoins que cela peut prendre plus de temps, car il faut chercher un agent francophone au sein des services d’immigration pour ce service en français. Personnellement, parlant anglais et ayant 10 h d’avion et 9 h de décalage horaire à mon compteur, le francophone que je suis n’a pas la patience d’attendre ce service !  Mais l’intention est là et cela est louable.

Vous avez le cas également où au bureau de poste, la personne dit qu’elle peut parler en français, et après 5 minutes de conversation où vous voyez votre interlocuteur lutter pour trouver les mots en français,  vous finissez par abréger sa souffrance  en continuant en anglais.

Difficultés de la francophonie pour exister :

Le français est une langue minoritaire pas simplement par rapport à l’anglais, mais aussi par rapport au mandarin, cantonnais, penjhabi et beaucoup d’autres langues asiatiques.

A titre d’exemple, le mandarin est parlé par plus de 17 % de la population de Vancouver Centre !

Alors qu’il est assez facile de reconnaître  les personnes issues des communautés chinoises, indiennes et d’une ou iraniennes, cela est moins aisé pour la communauté francophone.
Celle-ci est constituée de Français de France, de Québécois (Québecois avant d’être Canadien, car le Québec est maintenant une nation), d’Africains (y compris les Malgaches), d’Asiatiques  (ex Indochine) etc etc….donc, dans la rue, tant que la personne n’a pas parlé, impossible de savoir si la personne est francophone.

C’est pour cette raison que depuis plusieurs décennies en Colombie Britannique, diverses associations se sont créées , pour tenter de préserver ce ciment francophone en proposant des services et manifestations pour promouvoir l’existence du français.

Pour les nouveaux arrivants qui ne sont pas à l’aise en anglais, ces services peuvent être une aide très précieuse afin de faire les démarches d’aide pour le logement, l’emploi, la banque, la santé, la culture l’éducation etc…les bases pour démarrer sa vie à Vancouver.

Les associations francophones sont situées géographiquement à Vancouver Centre, Burnarby ou Surrey.

Dans le monde des affaires, les besoins se font à 99% en anglais. De ce fait tout immigrant francophone a peu de chances de trouver un job s’il ne maîtrise pas des bases d’anglais.

Il y a quelques années, la chaîne de magasins Sears avaient un tel besoin de main d’œuvre à Vancouver que le critère demandé était que les personnes devaient pouvoir dire leur nom en anglais: beaucoup de candidats reçus étaient des immigrants réfugiés, issus de l’Afrique francophone.

 Français comme atout pour l’intégration professionnelle

La langue française reste un atout supplémentaire pour décrocher des jobs dans les domaines suivants :

– traduction

– cours de français

– éducation : les écoles francophones recrutent en permanence du personnel maîtrisant le français et ayant diplôme et/ou expérience dans l’éducation

– services gouvernementaux aussi bien à Vancouver que Victoria

– tourisme : hôtel, restauration, aéroport de Vancouver

– call-center : les opérateurs téléphoniques cherchent en permanence des conseillers bilingues

– entreprises ayant des contacts avec le marché francophone : je pense aux sociétés de jeux vidéo.

J’ai hésité et eu à faire un choix pour la scolarisation de mes enfants dans une école primaire francophone et anglophone. 

Pour consolider leur français et ne pas les perturber dans leur nouveau pays d’accueil, j’ai scolarisé mes enfants dans une école francophone. Au moment où j’écris, mon bilan est extrêmement positif. En effet, le Conseil scolaire francophone de la Colombie Britannique débloque des ressources financières importantes permettant à ces écoles d’avoir des dotations importantes par rapport au petit nombre de francophone. Cela suscite une certaine jalousie chez nos amis anglophones. Petit exemple, le ramassage scolaire est gratuit pour les élèves scolarisés en francophone, ce qui n’est pas le cas pour le système anglophone.

 En conclusion, en Colombie-Britannique, l’anglais doit être bien maîtrisé, et le français est la belle cerise sur le gâteau.

 

 

Aucun mot clef pour cet article.
  1. bon à savoir même pour un passage en tant que touriste
    merci

  2. Le bilinguisme relève principalement du gouvernement Fédéral. Niveau provincial, seul l’Anglais est la langue officielle de la CB. Le gouvernement provincial n’a en fait aucune obligation de proposer des services en Français. Pas mal d’efforts cependant ont été faits sur les dernières années.

  3. Je suis contente de voir que le bilinguisme est prévu pour tout le Canada, je ne savais pas ! On m’a parlé d’un certain mépris pour lea langue française dans le Canada anglophone qu’en est-il ?
    Nirina

  4. Hello Karine,
    Selon Wikipedia :
    Le drapeau de la Colombie-Britannique reprend les symboles de l’écu des armoiries provinciales en forme de bannière. Dans le haut, le Union Jack (avec une couronne en son centre) représente les origines de la province comme une colonie britannique. Les lignes ondulantes bleu et blanc symbolisent l’océan Pacifique et les montagnes Rocheuses. Le soleil couchant représente le fait que la Colombie-Britannique est la province la plus occidentale du Canada.